Archives de la Catégorie : Vu sur le Web

Un peu de lecture sur la tong ? Voici une liste d'articles dénichés un peu partout.

Un concours de circonstances !

Source : Concours « Paris en tongs », Time Out Paris

Vous vous ennuyez à Paris après être partis en vacances en Juillet ? Ou en attendant celles de Septembre ?

Pour fêter l’ouverture de son compte Instagram @time_out_paris, le site Time Out Paris organise un grand concours photos. Quel rapport avec les tongs ? C’est qu’il faut utiliser le mot-dièse (traduction officielle de « hashtag »…) #parisentongs sur Instagram pour participer (et il faut taguer @time_out_paris)

Du coup, le Teletong a lui aussi inauguré son compte Instagram @teletong_jmt (@teletong était déjà pris…on rappelle que « teletong » semble signifier « fumier » dans une langue du sud-est de l’Asie…pas d’bol…) et participe au concours avec une photo de la JMT 2014 : votez pour nous !

 

#parisentongs

A photo posted by Teletong JMT (@teletong_jmt) on

La tong de la discorde…

(Source : S. Grandadam, Courrier International)

…entre Havaianas et des chefs tribaux

La marque Havaianas a fait réaliser une collection spéciale d’inspiration ethnique pour ses célèbres tongs. Mais les graphismes dont elle s’inspire n’étaient pas aussi libres de droits que prévu.

Collection tribale

 

 

La célèbre marque brésilienne Havaianas se retrouve au cœur d’un imbroglio sur la propriété intellectuelle, relate El País Brasil, édition brésilienne du quotidien espagnol El País. La très ethnique collection des célèbres tongs, Havaianas Tribos, a irrité des militants de la tribu indienne yawalapiti, qui vit dans la réserve du Haut-Xingu, dans le Mato Grosso, dans le sud de l’Amazonie brésilienne. Les graphismes utilisés pour décorer les Havaianas s’inspirent directement de divers symboles propres à cette communauté.

Or, bien que l’entreprise qui exploite la marque Havaianas, Alpargatas, ait souhaité faire les choses en bonne et due forme avec son agence publicitaire, Almap BBDO, pour créer cette collection, elle n’a pas pensé à tout. L’agence a bien signé un contrat avec un membre des Yawalapitis qui a dessiné les symboles, mais ce dernier n’avait pas l’aval des chefs de tribu pour ce projet, et se voit désormais accusé d’atteinte aux droits du patrimoine visuel des Yawalapitis.

Casse-tête juridique

« Je ne savais pas que je devais demander l’autorisation des caciques pour ces dessins », se défend l’auteur, Anuía, qui a reçu la somme de 7 500 reais (2 322 euros) pour ce travail et ses droits. Malheureusement pour lui, « le droit d’auteur indigène est un droit collectif qui appartient à l’ensemble de l’ethnie« , professe un spécialiste brésilien de la propriété intellectuelle. Et ce qui était au départ une collection promotionnelle pour Havaianas, destinée à gâter les clients et les journalistes, est devenu un casse-tête juridique.

Faut-il en finir avec la tong ?

Le magazine ELLE lance la polémique dans un article 50% mauvaise foi 50% fort sympathique :

(Source : N. Dolivo ELLE.fr)

Faut-il en finir avec la tong ?

OUI

Un stand{censuré par le Teletong par respect pour nos lecteurs}





NON

Et pourquoi pas arrêter le bikini, le panier en osier, le panama ? La tong est à la chaussure ce que le pastis est à la boisson : le signal envoyé aux synapses pour leur annoncer les vacances. Elle est le bol d’air des orteils en manque d’oxygénation, la liberté portée aux pieds. Mais, surtout, la tong est élégante. En plastique uni noir ou bleu marine, elle affirme mieux que n’importe quelle Birkenstock la désinvolture d’une chemise d’homme portée sur un maillot. Et, en cuir naturel, elle démontre que pour s’habiller le soir ça n’est pas la tong qui détonne, c’est la mule.

Un voleur trahi par sa tong

Cette histoire n’est pas sans rappeler celle de Cendrillon, sauf que ce n’est pas un conte de fées : un jeune Millavois [Note : habitant de Millau, Aveyron (12)], soupçonné d’avoir vandalisé et dévalisé un distributeur de boissons avec un complice, a été rattrapé par la patrouille à cause de son ADN retrouvé sur une tong.

Les faits remontent à juin 2012. Deux individus ont vandalisé un distributeur de boissons, rue Mandarous, dans le centre de Millau. Un des deux voleurs a été interpellé. Son complice, lui, a réussi à prendre la fuite, mais en laissant une tong sur les lieux de son forfait. Et la tong a parlé : l’analyse de l’ADN retrouvé sur la tong a confondu le jeune Millavois qui a été interpellé. Les deux suspects comparaîtront prochainement en correctionnelle.

Comment marcher pieds nus en allant chaussé ?

(Source : Minute du Consommateur, France Inter)

Vous ne pouvez pas l’écouter ? Voici la version retranscrite par nos soins :

Tongs bleues sur la plage © Radio France - 2012

Tongs bleues sur la plage © Radio France – 2012

 

« Comment marcher pieds nus en allant chaussé ? », c’est la question du jour, bonjour Alice Augustin
– Bonjour Guillaume, bonjour à tous

Alors le camping c’est chic ça on l’a bien vu avec le « glamping » (on dit pas « gland-ping ») le « glame-ping » et Alice vous allez nous parler de LA chaussure préférée des campeurs, la tong.
– Et oui Guillaume la tong c’est la chaussure indispensable pour les amoureux des vacances en plein air, tous ceux qui font du camping ont forcément étrenné leurs claquettes dans les douches collectives. Sauf que depuis quelques années la tong n’est plus réservée aux aficionados du bivouac et dès les beaux jours on peut entendre dans les rues des grandes villes le joyeux son du clap-clap-clap aux pieds des filles. La sandale de plage a en effet envahi le bitume, il faut dire que la tong a connu un virage 100% mode : finie la connotation popu, aujourd’hui toutes les fascionistas en portent, et ce depuis que la marque brésilienne Havaianas a fait de cette sandale économique un hit ultra-tendance.

Justement alors Alice donc maintenant on pense tous que la tong est née au Brésil, c’est vrai ou faux ?
– Et bien c’est en partie faux Guillaume, l’histoire de la tong remonte en fait à l’Egypte ancienne. C’est pour protéger leurs pieds du sable brulant que les égyptiens l’ont inventée 5000 ans avant Jésus-Christ. Elle était constituée alors d’une simple semelle rigide en papyrus tressé et de lannières en cuir. Ensuite les Romains, puis les Perses et les Indiens se sont appropriés cette chaussure qui a fini par atterrir en Chine et surtout au Japon. Très pratique pour marcher dans les rizières, les hommes japonais portaient un modèle plat en paille appelé zori, les japonaises enfilaient elles sous leur kimono des getas, des tongs en bois dont la semelle pouvait atteindre 10cm. Finalement, la tong n’arrive au Brésil que dans les années 20; quant au mot « tong », ce sont les américains qui l’ont inventé lors de la guerre du Viet-Nam : il vient du mot « thong », en anglais (excusez mon accent), qui veut dire « lannière », et qui leur servait à décrire les chaussures des paysans vietnamiens.

Bon, ok, mais aujourd’hui on peut dire que le Brésil c’est le pays au monde où on produit le plus de tongs, non ?
– Ok, je vous le concède, Guillaume, depuis la création en 1962 de la marque Havaianas, le Brésil est bien devenu le leader de la tong. Pour info, 150 millions de paires Havaianas sont vendues chaque année au Brésil, et 20 millions dans le reste du monde. Alors comment expliquer un tel succès ? Et bien ils ont fait de la sandale du pauvre un produit cool porté par les surfeurs et les jolies filles. La tong est même devenue un vrai accessoire de mode : on trouve des tongs bijoux, des tongs à talon et même des tongs designées par des créateurs. Mais attention, la sandale en plastique est en perte de vitesse depuis 2 ou 3 étés, tout simplement parce qu’elle est concurrencée par la spartiate, et surtout par le grand retour de l’espadrille, beaucoup plus tradi-chic. Du coup mon conseil Guillaume, c’est de réserver la tong pour ses vacances à la plage ou à la campagne, car « oui », c’est dit, en 2012, la tong en ville c’est bien fini.

Et oui Alice, de toute façon, on le voit en ce moment la chaussure à la mode c’est plutôt la botte de pluie ! Merci beaucoup Alice Augustin

Les orteils au frais

(Source : C.Belin, Républicain Lorrain)

La tong est un objet d’histoire, un enjeu économique, un emblème social, le symbole d’une philosophie de vie. La petite sandale n’en demandait pas tant, elle qui a porté les pharaons comme les va-nu-pieds.

Article Web Les orteils au frais (Photo P. Riedinger)

Un groupe de randonneurs français dans la vallée du Rift, au Kenya. Ils font un crochet par les Gorges du Diable et, bien équipés et chaussés de godillots montants à « haute technologie de maintien et d’adhérence », s’élancent maladroitement à la conquête de la falaise. À ce moment, juste derrière eux, retentissent des rires et des gloussements. Une classe de collégiennes en goguette s’apprête à franchir le même obstacle, toutes vêtues d’un impeccable chemisier blanc, d’une jupe plissée bleu marine… Et portant des tongs. Une vision à faire avaler son bob à n’importe quel vendeur du rayon des chaussures de marche de n’importe quel magasin spécialisé.

Qu’elle se fabrique en peau de girafe, en cuir ou en matière végétale, la sandale deux-doigts (comme on l’appelle à la Réunion) porte l’humanité à travers les siècles et les continents. La musique des langues en témoigne. Tong vient de thong, qui signifie lanière : les Américains ont ainsi baptisé la petite chaussure qu’ils ont découverte lors de la guerre du Vietnam. Au Quebec il faut attendre la belle saison pour remettre ses gougounes, La Belgique fait chlip-chlip en slash, de l’autre côté de la Manche, il se trouve que le prince Charles himself déambule dans son palais en slip-slop (griffés La Martina, tout de même). L’Allemagne, elle, considère que la plus belle des flip-flop ne vaut pas la plus simple Birkenstock.

Si la tong est la chaussure la plus partagée au monde, elle est aussi peut-être la première de l’histoire des hommes. Pharaon Toutankhamon, sans doute un peu fashion victim sur les bords, a laissé à Howard Carter, découvreur de sa tombe en 1922, la joie d’en inventorier une bonne centaine. Faites d’or, de jonc, de papyrus ou de bois marqueté d’os et de nacres, ces sandales dépassaient exagérément des orteils du souverain, signe ostentatoire de sa puissance quasi divine. L’autre racine de la tong plonge, bien plus tard, dans les rizières nippones. La petite sandale est alors une planchette ou bien une semelle de paille tressée, munie d’une lanière pour y caler le pouce. Voilà pour le bas peuple. Les courtisanes de l’Empereur, elles, se juchent sur des modèles à semelles de bois, très chics portées avec un kimono.

Au même moment, la tong arpente la savane africaine, les forêts tropicales du sud-est asiatique ou les broussailles piquantes du Brésil. Développée dans l’Empire romain, la fabrication des tongs s’étend aux Indiens et aux Perses.

Chez nous, le nu-pieds débarque après la méduse (sandalette amphibie en plastique, fabriquée en Auvergne) et les espadrilles, ses grandes sœurs de camping et de plage. La France des années soixante-dix est alors prête à enfiler ce nouvel état d’esprit qui nécessite un déploiement décontracté des orteils. Elle devient le premier consommateur européen de tongs, et se fournit en masse auprès des Chinois et les Brésiliens.

Indémodable, la tong est à nouveau à la mode. Le phénomène s’est produit au moment où les grands couturiers se sont penchés sur cette petite chose souple, simple forme découpée dans une tranche de mousse ou de PVC. Ils y ont collé des paillettes, des talons, des fanfreluches précieuses et des bijoux, ont ajouté pour certains modèles un, puis deux, puis trois zéros à l’étiquette de prix. Les fabricants leur ont emboîté le pas et ont changé d’échelle. Ceux qui se partagent le marché ont fait chauffer les machines : à São Paulo le roi de la tong Havaïanas a chaussé huit de ses compatriotes sur dix et a, depuis peu, posé le pied en Europe.

Car la tong est devenue furieusement hype, tout en restant éminemment populaire. On doit d’ailleurs au Chat de Philippe Geluck cette célèbre définition : « La tong, c’est le string du pied ». C’est aussi l’accessoire le plus démocratique de la saison, position un peu trop politiquement correcte, qui ne pouvait donc qu’inspirer les humoristes et les loufoques. Érigée en symbole de la beauferie dans le film Camping, dans lequel un hymne lui est dédié, la tong a également inspiré des étudiants nantais. La deuxième Journée mondiale de la tong, qu’ils ont organisée au mois de juin dernier, a connu un franc succès à travers le monde. Une initiative relayée par un site internet farfelu (teletong.fr).

Que faire d’autre ? Sur les plages et dans les campings, les concours de lancer de tong se multiplient. Mais attention : le but du jeu n’est pas de balancer sa chaussure sur tel ou tel chef d’État. Le lancer de tongs est un sport qui se joue par équipe de deux. Les participants doivent lancer leur sandale (homologuée par le comité organisateur), avec le pied et le plus loin possible ; le coéquipier étant chargé de la rattraper au vol. Malgré les records enregistrés (Hourtin 2010, 34,24 mètres par vent de force 3-4, devant un millier de spectateurs), la discipline n’est pas encore agréée par le comité des Jeux olympiques. Qui s’en souciera certainement, dès qu’il aura deux minutes à perdre.

La tong n’hiberne jamais

En ce léger frimas automnal, on est vite tenté de ranger ses tongs bien au chaud, en attendant des températures plus clémentes.

Et pourtant, d’irréductibles artistes, publicitaires et gens ordinaires comme vous et moi continuent de se battre pour promouvoir de par le monde la tong et ses innombrables qualités.

Au Brésil notamment (même si ce n’est sans doute pas là-bas qu’il faut le plus convaincre les gens de mettre des tongs, et qu’en plus c’est l’été pour eux, mais bon, c’est quand même bien). Là-bas, comme tous les centres aérés et autres crèches pour tongs sont pleins, des artistes proposent des idées originales pour occuper ces petits êtres sans défense. Cette fois-ci, il s’agissait de faire faire aux tongs un énorme singe, et force et de constater qu’elles ont géré ça de main de maître !
Regardez comme elles sont heureuses de jouer avec leurs petites camarades ! Regardez ces sourires radieux ! Ça fait chaud au cœur !

The Fat Monkey (1)The Fat Monkey (2)The Fat Monkey (3)The Fat Monkey (4)

The Fat Monkey (5)The Fat Monkey (6)The Fat Monkey (7)

 

 

 

 

 

Le projet artistique :
Fat Monkey (Macaco Gordo) – Sao Paulo 2010
5 x 4 x 15 meters – Inflatable and flip flops
« The Fat Monkey » est un travail sur site unique qui fut créé en marge du Pixelshow, simplement pour créer une sculpture durant leur conférence de 2010. Réalisée avec l’aide d’étudiants locaux, elle est faite à partir de l’icône brésilienne : la tong, qui fonctionne parfaitement pour représenter un des 10 000 pixels. « The Fat Monkey » est un travail de la série « Obeastitas ».

Site de l’artiste

Un grand merci à la petite Clémentine et au petit Freddy qui nous ont signalé (par mail et page Facebook, respectivement) ce chef d’oeuvre d’art moderne. N’hésitez pas vous aussi à nous faire part de vos trouvailles !

T’as tes tongs ?

(Source : C.Tossan, Paris Match)

Commençons tout d’abord avec l’encart uniquement disponible sur la version papier !

Témoignage
Guillaume, créateur de la Journée Mondiale de la tong.
« Oser montrer ses pieds, ce n’est pas rien. »
Tout a commencé à Brest, en octobre 2003. Un groupe d’étudiants en télecoms doit sélectionner un thème pour fonder un club. Les petits rigolos ne choisissent alors ni fanfare ni sport mais créent Télétong, le club de ceux qui ont l’esprit cool. On reconnait les jeunes bizuts « qui ne cherchent pas d’histoire » au fait qu’ils portent leur savate préférée en toute saison. « Les profs ont pris ça bien, c’était bon enfant« , se souvient Guillaume, l’un des fondateurs du Télétong. La blague continue après l’école, et les membres restent en contact grâce à Internet. Un site est créé. On y loue la supériorité de la tong, « juste milieu entre le pied au naturel et le pied chaussé« . « En porter n’est pas donné à tout le monde, oser montrer ses pieds, ce n’est pas rien« , philosophe Guillaume, 27 ans aujourd’hui, et qui a du y renoncer dans son très sérieux bureau d’ingénieur. Facebook rend enfin possible leur plus folle utopie : organiser une Journée mondiale de la tong. Le 27 Juin dernier, la deuxième JMT a rassemblé plus de mille participants. Chacun a envoyé sa plus belle photo autour du monde. Tongs de tout pays unissez-vous !

 

Place à l’article !

Quel est le point commun entre la gougoune de Québec, la slash de Bruxelles et la chip-chip du Caire ? Deux brides en « Y » plantées dans une simple semelle et un « flip-flap » qui fleure bon les vacances.

De Venise à Rio, de Tokyo à Los ­Angeles, d’Oulan-Bator à Honolulu, difficile de trouver une zone de Google maps où le caoutchouc de la tong n’a pas laissé son empreinte. Elle serait née, dit-on, dans l’Egypte antique. La première fashion victim identifiée est Toutankhamon, dans la tombe duquel on découvrit en 1922 des dizaines de paires religieusement alignées. Plus tard, la sandale bridée fait souche en Asie. On la retrouve au Japon, sur semelle de bois et sous le nom de zori. En France, on n’entend parler d’elle qu’à partir des années 50, où elle a changé nos vacances à la plage. Avant, il y avait, au choix, la sandalette en cuir qui donnait aux garçons des airs de petits séminaristes ; l’espadrille, confortable, mais qui fait le bronzage vanille-fraise sur le dessus de la patte. La tong, c’est le string du pied. Pas de trace, pas d’attache, pas de stress. Elle est arrivée en France en même temps que les militaires qui revenaient d’Indochine. Les Américains l’avaient surnommée « thong » (lanière). Pour les Français, ce fut tong. La société Plastic Auvergne, qui fabriquait déjà la méduse, fournit des générations d’estivants sous la marque la Sarraizienne. Elle s’achetait au bazar de la plage, en même temps que le seau et l’épuisette dans des vapeurs de Piz Buin. La tong prit ainsi sa place dans le ­panthéon sentimental de toute une génération d’enfants des années 70. Elle l’érigerait en objet culte trente ans plus tard. En attendant son heure de gloire, elle se banalise gentiment.

1998 : la Coupe du monde sonne l’arrivée de l’été. Et un et deux et trois zéro ! Les Brésiliens ont perdu la finale mais les dieux du foutcheball donnent la fièvre au public français. Samba, Braaasil… les supporters ont emporté dans leurs bagages un autre monument de la culture carioca : la Havaianas – Hawaïenne en portugais –, la tong brésilienne. Pour le Mondial, elle est agrémentée d’un pin’s en forme de drapeau national, vert et jaune. Elle se fait enfin un nom en Europe, alors que le groupe Alpargatas en vend au Brésil des millions depuis les années 60 : sur 1 000 habitants, 850 en possèdent une paire. On dit qu’elle dure quarante-cinq mois si elle est portée tous les jours. Sa bride est incassable et sa semelle inodore… C’est la chaussure populaire à deux sous, celle des favelas comme celle des naïades de Copacabana. Havaianas s’implante en France en 2001 et la tong redevient un objet de mode. L’année 2002 sonne l’apothéose de la tongmania. Pas un créateur qui ne conçoive son modèle, pour homme chez Gucci, précieux chez Louboutin. Strass, paillettes, vrais diamants, broderies, riches tissus, cuirs pleine fleur, la petite chaussure se vautre dans le bling-bling et son prix aligne un, puis deux puis trois zéros.

Portée par Toutankhamon

Du côté des Brésiliens, la concurrence tente une percée. Ipanema, du nom de la célèbre plage de Rio, se lance en 2001. Le dossier est sérieux : son propriétaire, Grendene, est le numéro un de la chaussure locale. Le discours est écologique : les tongs sont fabriquées en PVC recyclé. Et la marque dispose d’une bombe atomique : la top model Gisele Bündchen. Même si Havaianas reste le leader mondial, une bataille de titans s’engage. Quand sonne la crise, le bling-bling s’effondre comme un cours de Bourse. Bien plus politiquement corrects, les exemplaires tout plastoc – pardon, PVC recyclé chez Ipanema ou caoutchouc naturel chez Havaianas –, sympas et pas chers, raflent la mise. Deux cent cinquante couleurs au choix chez Havaianas, qui permet aussi de customiser sa claquette. Chez Ipanema, on joue la semelle anatomique ultra-confort et les ­motifs balnéaires, étoiles de mer et coquillages, pour la sauvegarde de la planète.

A Saint-Tropez, la tong sobre et chic existe depuis toujours chez K. Jacques ou Rondini. Elle est en cuir naturel, comme celle que portait Toutankhamon de son vivant. Ce qui fait encore un point commun entre le plus célèbre petit port, les vacances, la tong et les pharaons : ils ne meurent jamais.

 

Êtes-vous tong ou espadrille ?

Source : S. Le Fol, Le Figaro

DUELS AU SOLEIL – Les deux chaussures stars de l’été se croisent  sans se rencontrer.  Elles symbolisent deux univers très opposés.

 

Tong ou Espadrille 1

L’été est une affaire de pieds. Les exposer ou non? That’s the question. Le débat entre les adeptes de la tong et ceux de l’espadrille se situe à ce niveau-là. Interrogation terre à terre? Au contraire, comme nous l’apprend la médecine chinoise, tout part des pieds.

Le porteur de tong (de gougoune au Québec, de slash en Belgique) aime les aérer, les exposer. Pour des raisons autant hygiéniques que philosophiques. L’orteil offert au soleil et à la poussière symboliserait la liberté de pensée et le refus des convenances. Il traduit aussi un rapport spécifique à la nature. Le «tongiste», que l’on imagine dévorer les romans de Le Clézio et se repasser en boucle le film de Sean Penn In the Wild, recherche le contact avec les éléments et vante la résistance tout-terrain et tout climat de ses chaussures. Tandis que le champ d’exploration de «l’espadrilliste» est plus limité. Une averse ou une vague intrusive sur la plage le contraignent à ôter les siennes.

Tong ou Espadrille 3 Le «tongiste» adhère plutôt à la nouvelle mode de la transparence. Il n’a rien à cacher. Et en attend autant des autres. Plus proche du cardinal de Retz, l’adepte de l’espadrille pense que l’on ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment».

Question de principe aussi. Pour «l’espadrilliste», même par fortes chaleurs, on doit respecter une certaine tenue. La décontraction s’arrête là où commence l’intimité. Le morceau de toile fait toute la différence. Quel que ce soit son coloris, il fait office d’étendard pudique. Même si certains membres de la tribu espadrille n’hésitent pas en s’en défaire parfois pour laisser respirer leurs talons. Une faute de goût impardonnable, selon les puristes.

Aux yeux de «l’espadrilliste» sourcilleux, la tong incarne le négligé et le je-m’en-foutisme. Et l’horreur absolue quand elle franchit le seuil de son bureau. Il fustige notamment le bruit produit par les tongs. Ce «schlik schlack» désinvolte et désobligeant. Alors que lui glisse sur le sol tel un lézard serein.

Hypocrisie! S’insurge le «tongiste», qui revendique une tradition plus que millénaire. La tong ne remonte-t-elle pas à l’Égypte ancienne? Alors que l’espadrille date d’hier (1890)… N’était-elle pas portée par les impératrices romaines? Alors que sa cadette est née aux pieds de paysans pyrénéens.

Le «tongiste» voit dans l’espadrille le cheval de Troie de l’autoritarisme et de l’ordre moral. Dans l’Espagne franquiste, un décret royal n’en a-t-il pas imposé le port à l’infanterie? Pour se défendre, l’espadrilliste invoque ses icônes impertinentes ou excentriques, Salvador Dali, Jackie Onassis et Gaston Lagaffe en tête, qui ne passent pas pour des béni-oui-oui.

L’espadrilliste aurait de quoi se vanter: sa chaussure fétiche est travaillée par les plus grands chausseurs tandis que la tong a du mal à sortir des échoppes du bord de mer. Craignant la banalisation, le tongiste va désormais chercher son salut chez les fabricants brésiliens. Ne lui dites plus qu’il porte des tongs, mais des havaianas.

Le tongiste et l’espadrilliste ont néanmoins un point en commun: la faible espérance de vie de leur chausse estivale. Mais l’espadrille s’effiloche tandis que la tong succombe brutalement. Ce qui induit un rapport différent au temps selon que l’on porte l’une ou l’autre. D’un côté, «laisser le temps au temps»; de l’autre «ce qui est pris n’est plus à prendre». Autant dire que l’on ne passe pas de l’une à l’autre impunément.

Tong ou Espadrille 2

Jamais sans mes tongs !

(Source : F. Guénon, Signes Et Sens)

Vous désirez marcher pieds nus sans vous blesser, vous mouvoir confortablement en sortant de la piscine ou bien tout simplement vous activer à l’aise à la maison ? Vous êtes donc un adepte des tongs… et vous avez bien raison !

Avec sa semelle sur laquelle sont fixées les deux traditionnelles brides en Y, la tong n’a décidément pas fini de faire parler d’elle. Retour sur une savate très spéciale dont le nom chinois ne doit pas faire oublier que d’autres civilisations en avaient initié le principe.

Article Web Jamais sans mes Tongs (SignesEtSens.com)

De l’Égypte à nos jours


C’est aux Égyptiens en effet, il y a plus de 5500 ans, que revient le privilège d’avoir imaginé une semelle en papyrus tressé, dotée de lanières de cuir. Le but était de pouvoir, sans se brûler, arpenter le sable chaud. Plus tard, les Grecs et les Romains adoptent la chaussure au point de la couler dans de l’or au profit de leurs souverains. Puis l’Inde et la Perse la sculptent dans le bois et la perfectionnent en lui adjoignant un entre-doigt. C’est alors qu’elle prendra sa forme définitive. Quant à son nom, c’est pendant la guerre du Vietnam que les Américains baptisent cette drôle de chaussure thong (lanière en français). Puis, pendant la vague écolo et hippie des années 70, le cuir est la matière la plus utilisée. La Chine et le Japon l’adopteront enfin avant de la diffuser aux quatre coins du monde. Ainsi trouve-t-on au Brésil le premier producteur mondial de tongs. Nommée aussi samara ou claquette, et présentant le très grand avantage d’être pratique et peu coûteuse, la tong fait le bonheur des habitants des régions chaudes des territoires français d’Outre-Mer. Le développement des loisirs et l’avènement des congés payés, amenant bien des estivants au bord de la mer, ont fait exploser le nombre d’adeptes de cette chaussure qui permet de marcher pieds nus…

La tong dans tous ses états !


Un tel engouement ne pouvait pas laisser les créateurs de mode indifférents. Aussi les tongs se déclinent aujourd’hui à tous les prix. Plus de 220 euros pour cette paire de tong signée Chanel, adoptée par Cameron Diaz et ornée d’un diamant ! Ou encore la fine Tong Biarritz à lanières dorées, proposée par Yves Saint Laurent à 150 euros… Plus simplement et tout autant prosaïquement, on choisira la tong en caoutchouc. Vous pouvez la porter personnalisée par de la publicité de votre club sportif, ou encore la choisir à talon ! Oui, ça existe aussi ! Les puristes établissent leur choix à l’odeur ! Certains fabricants proposent des clakett facilement transportables : les lanières se détachent du bouton de l’entre-doigt pour se rabattre et ne faire qu’une semelle plate et empilable. Elles résistent à l’eau de mer et ne marquent pas les bateaux, affirme le fabricant. Elles ont une bonne adhérence au sol grâce aux crampons, précise-t-il encore. Vous pouvez également acheter des tongs comme base à décorer, et laisser libre cours à votre talent pour en faire un produit créatif : décoration des lanières par des ajouts de fleurs, perles, paillettes, strass ou autres… Bref, la tong se décline dans tous ses états. Elle est incontournable au point qu’il existe même un club, le Télétong, créé en Bretagne en 2003, qui rassemble les inconditionnels. Autant reconnaître que la tong, c’est branché ! Alors n’hésitez pas, connectez-vous 100 % sur cette chaussure indémodable et faites prendre le soleil élégamment à vos pieds !

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