Petite histoire de la tong

Attention : A l’heure actuelle, cette page est un peu ch*** à lire. Voilà, vous êtes prévenus…

 

La tong est branchée, définitivement sortie de la case  « ringarde à tout âge » … surtout depuis que la boutique Colette a vendu des centaines de paires du modèle Sensi, en plastique bleu translucide frappé de l’inscription sous la semelle  « who loves me follows me ». Sympa quand on déambule sur le sable…

Tongs égyptiennes basiquesTongs égyptiennes basiques (2)Tongs égyptiennes de luxe

 

Marcher sur le sable sans se faire mal, voilà justement pourquoi les Egyptiens ont imaginé ces drôles de sandales (alors une simple semelle rigide en papyrus tressé et dotée de lanières de cuir) 3 500 ans avant JC.

 

Les impératrices romaines leur ont emboîté le pas avec des semelles moulées en or. Quant aux Indiens et aux Perses, ils sculptaient des semelles de bois avec des entredoigts.  « De manière générale, les chaussures révèlent le statut de ceux qui les portent, mais les sandales ont été alternativement des symboles de prestige et de pauvreté, de chasteté et de coquetterie » , remarque Linda O’Keeffe dans son ouvrage Chaussures (éd. Könemann).

 

La tong migre ensuite vers la Chine et le Japon. Là-bas, elle devient  « zori » (une tong à talon compensé à bride en Y et qui se porte avec une chaussette à doigt marqué) puis  « geta » au XXe siècle (une version montée sur patin de bois pouvant atteindre 10 centimètres et portée par les courtisanes).

 

 

 

Elle prendra son nom définitif pendant la guerre du Vietnam, les Américains ayant alors baptisé cette drôle de chaussure  « thong » (lanière en français). Sa version tout plastique débarque en Europe dans les années 50 au retour d’Indochine des soldats français, mais avec la vague écolo des années 70 elle s’habille de cuir. Au cours de ces vingt années, la tong fait des ravages sur les plages de Copacabana et de tout le Brésil. Patrie du maillot de bain, de la fiesta et du soleil par excellence, le Brésil voit naître à cette période deux grands fabricants de tongs : Havaianas et Rider. La première, créée en 1962, vend aujourd’hui 120 millions de paires dans son pays d’origine pour 170 millions d’habitants, c’est un beau score et en a écoulé plus de 2 milliards sur toute la planète. La seconde est issue d’un groupe qui a commencé par fabriquer des bouteilles de vin en plastique en 1971…

Depuis, les tongs maison sont en PVC injecté et figurent parmi les plus légères et les plus confortables du marché. Du camping des Flots Bleus à la plage de la Voile Rouge à Saint-Tropez, la tong est donc devenue incontournable à Bali comme en Auvergne, où la société La Sarraizienne (déjà créatrice de la fameuse « méduse » ) en produit des centaines de milliers de paires. Elle est même sortie lauréate du Concours international des jeunes designers de chaussures initié par Salvatore Ferragamo. Son créateur, Youthachai Watanapanich, a voulu sa tong  « anatomique » , montée sur une semelle d’alu et recouverte de cuir naturel. Editée en nombre limité par Ferragamo, la paire s’affiche quand même à 425 € (NDLR : les deux Prez’ étaient présents à la dernière Entrevue Nationale Spéciale Tong de Bretagne pour tester ces tongs hors pairs (et oui on n’en avait qu’une chacun…).

Affirmer donc que la tong est branchée n’est pas peu dire : on n’a pas fini de suivre le clap-clap des tongs à la trace.

 

Le saviez-vous ?

Parfois, c’est la tong qui écrit l’Histoire ! La toute première photo du réseau social Instagram, prise en Juillet 2010 avec l’application smartphone du même nom, lors du tout premier test live, est celle d’une tong ! (pour ceux qui voit plutôt un chien, demandez à telechien.fr de faire leur boulot aussi sérieusement que nous)

Instagram - La toute première photo

 

 

 

 

 

Voilà.
Vous êtes désormais prêts à briller dans les soirées mondaines en éclaboussant votre entourage de toutes ces connaissances.