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(Source : Minute du Consommateur, France Inter)
Vous ne pouvez pas l’écouter ? Voici la version retranscrite par nos soins :

Tongs bleues sur la plage © Radio France – 2012
– « Comment marcher pieds nus en allant chaussé ? », c’est la question du jour, bonjour Alice Augustin
– Bonjour Guillaume, bonjour à tous
– Alors le camping c’est chic ça on l’a bien vu avec le « glamping » (on dit pas « gland-ping ») le « glame-ping » et Alice vous allez nous parler de LA chaussure préférée des campeurs, la tong.
– Et oui Guillaume la tong c’est la chaussure indispensable pour les amoureux des vacances en plein air, tous ceux qui font du camping ont forcément étrenné leurs claquettes dans les douches collectives. Sauf que depuis quelques années la tong n’est plus réservée aux aficionados du bivouac et dès les beaux jours on peut entendre dans les rues des grandes villes le joyeux son du clap-clap-clap aux pieds des filles. La sandale de plage a en effet envahi le bitume, il faut dire que la tong a connu un virage 100% mode : finie la connotation popu, aujourd’hui toutes les fascionistas en portent, et ce depuis que la marque brésilienne Havaianas a fait de cette sandale économique un hit ultra-tendance.
– Justement alors Alice donc maintenant on pense tous que la tong est née au Brésil, c’est vrai ou faux ?
– Et bien c’est en partie faux Guillaume, l’histoire de la tong remonte en fait à l’Egypte ancienne. C’est pour protéger leurs pieds du sable brulant que les égyptiens l’ont inventée 5000 ans avant Jésus-Christ. Elle était constituée alors d’une simple semelle rigide en papyrus tressé et de lannières en cuir. Ensuite les Romains, puis les Perses et les Indiens se sont appropriés cette chaussure qui a fini par atterrir en Chine et surtout au Japon. Très pratique pour marcher dans les rizières, les hommes japonais portaient un modèle plat en paille appelé zori, les japonaises enfilaient elles sous leur kimono des getas, des tongs en bois dont la semelle pouvait atteindre 10cm. Finalement, la tong n’arrive au Brésil que dans les années 20; quant au mot « tong », ce sont les américains qui l’ont inventé lors de la guerre du Viet-Nam : il vient du mot « thong », en anglais (excusez mon accent), qui veut dire « lannière », et qui leur servait à décrire les chaussures des paysans vietnamiens.
– Bon, ok, mais aujourd’hui on peut dire que le Brésil c’est le pays au monde où on produit le plus de tongs, non ?
– Ok, je vous le concède, Guillaume, depuis la création en 1962 de la marque Havaianas, le Brésil est bien devenu le leader de la tong. Pour info, 150 millions de paires Havaianas sont vendues chaque année au Brésil, et 20 millions dans le reste du monde. Alors comment expliquer un tel succès ? Et bien ils ont fait de la sandale du pauvre un produit cool porté par les surfeurs et les jolies filles. La tong est même devenue un vrai accessoire de mode : on trouve des tongs bijoux, des tongs à talon et même des tongs designées par des créateurs. Mais attention, la sandale en plastique est en perte de vitesse depuis 2 ou 3 étés, tout simplement parce qu’elle est concurrencée par la spartiate, et surtout par le grand retour de l’espadrille, beaucoup plus tradi-chic. Du coup mon conseil Guillaume, c’est de réserver la tong pour ses vacances à la plage ou à la campagne, car « oui », c’est dit, en 2012, la tong en ville c’est bien fini.
– Et oui Alice, de toute façon, on le voit en ce moment la chaussure à la mode c’est plutôt la botte de pluie ! Merci beaucoup Alice Augustin
En ce début d’année 2012, et bien que son rayonnement et sa resplendissance à l’international ne soit plus à prouver, le Teletong a décidé de mener une noble et juste campagne qui ne concernera que nos amis francophones :
« Ben dites-donc, le Teletong ne nous a pas habitué à tant de haine dans son regard » nous direz-vous. Et vous aurez raison. Mais en cette époque où la langue française est malmenée, il convient de lutter à notre niveau !
« Et pourquoi devrait-ce donc s’écrire comme cela ?« , nous demanderez-vous. Et bien pour plusieurs raisons…
Au Royaume des mugs à l’effigie d’un mariage, « tongue » signifie « langue » (la langue de la bouche, pas la langue parlée…). Alors que « tong », ça ne veut rien dire du tout.
(pour info, « tong » se dit « flip-flop » dans la langue des buveurs de thé. Repérez les « blabla » sur la carte !)
(que de belles paraphrases pour parler du pays de la grosse Ben…)
Voici les résultats d’une recherche d’images effectuée sur Google*.fr* (recherche en langue française, donc…), avec un navigateur n’ayant aucun historique de navigation car jamais utilisé (Internet Explorer préfère garder l’anonymat), sans être connecté à un compte Google et réalisée sous contrôle d’huissier, Me Gilbert.
Cherchons ‘Tong’ puis tongue dans Google…
Et faisons l’effort de chercher le pluriel, pour voir si ça s’arrange
Cherchons ‘Tongs’ puis ‘Tongues’ dans Google…
Les résultats parlent d’eux-mêmes… Au mieux vous tomberez sur des chaises design tongue…
Petit exercice réalisé avec un logiciel de traitement de texte bien connu qui préfère lui aussi garder l’anonymat, réalisé sans trucage et toujours sous contrôle de notre huissier Me Gilbert.
Même Word confirme…
Pour tous les adeptes des sms et autres écritures pleine de fautes incompréhensibles abrégées, vous êtes vernis ! La bonne orthographe est la plus courte des deux !

Et oui, pour être champion au Scrabble, 4 lettres suffisent…
(Source : Maxidico 1997)

(NB : « tongue » n’existe bel et bien pas…)
Voilà pourquoi le Teletong a voté le déblocage d’un budget exceptionnel permettant l’utilisation de tous les outils modernes pour lutter contre ce fléau linguistique.
Et nous comptons sur vous pour prêcher la bonne parole !

Source : Vie de Merde
(Source : C.Belin, Républicain Lorrain)

Un groupe de randonneurs français dans la vallée du Rift, au Kenya. Ils font un crochet par les Gorges du Diable et, bien équipés et chaussés de godillots montants à « haute technologie de maintien et d’adhérence », s’élancent maladroitement à la conquête de la falaise. À ce moment, juste derrière eux, retentissent des rires et des gloussements. Une classe de collégiennes en goguette s’apprête à franchir le même obstacle, toutes vêtues d’un impeccable chemisier blanc, d’une jupe plissée bleu marine… Et portant des tongs. Une vision à faire avaler son bob à n’importe quel vendeur du rayon des chaussures de marche de n’importe quel magasin spécialisé.
Qu’elle se fabrique en peau de girafe, en cuir ou en matière végétale, la sandale deux-doigts (comme on l’appelle à la Réunion) porte l’humanité à travers les siècles et les continents. La musique des langues en témoigne. Tong vient de thong, qui signifie lanière : les Américains ont ainsi baptisé la petite chaussure qu’ils ont découverte lors de la guerre du Vietnam. Au Quebec il faut attendre la belle saison pour remettre ses gougounes, La Belgique fait chlip-chlip en slash, de l’autre côté de la Manche, il se trouve que le prince Charles himself déambule dans son palais en slip-slop (griffés La Martina, tout de même). L’Allemagne, elle, considère que la plus belle des flip-flop ne vaut pas la plus simple Birkenstock.
Si la tong est la chaussure la plus partagée au monde, elle est aussi peut-être la première de l’histoire des hommes. Pharaon Toutankhamon, sans doute un peu fashion victim sur les bords, a laissé à Howard Carter, découvreur de sa tombe en 1922, la joie d’en inventorier une bonne centaine. Faites d’or, de jonc, de papyrus ou de bois marqueté d’os et de nacres, ces sandales dépassaient exagérément des orteils du souverain, signe ostentatoire de sa puissance quasi divine. L’autre racine de la tong plonge, bien plus tard, dans les rizières nippones. La petite sandale est alors une planchette ou bien une semelle de paille tressée, munie d’une lanière pour y caler le pouce. Voilà pour le bas peuple. Les courtisanes de l’Empereur, elles, se juchent sur des modèles à semelles de bois, très chics portées avec un kimono.
Au même moment, la tong arpente la savane africaine, les forêts tropicales du sud-est asiatique ou les broussailles piquantes du Brésil. Développée dans l’Empire romain, la fabrication des tongs s’étend aux Indiens et aux Perses.
Chez nous, le nu-pieds débarque après la méduse (sandalette amphibie en plastique, fabriquée en Auvergne) et les espadrilles, ses grandes sœurs de camping et de plage. La France des années soixante-dix est alors prête à enfiler ce nouvel état d’esprit qui nécessite un déploiement décontracté des orteils. Elle devient le premier consommateur européen de tongs, et se fournit en masse auprès des Chinois et les Brésiliens.
Indémodable, la tong est à nouveau à la mode. Le phénomène s’est produit au moment où les grands couturiers se sont penchés sur cette petite chose souple, simple forme découpée dans une tranche de mousse ou de PVC. Ils y ont collé des paillettes, des talons, des fanfreluches précieuses et des bijoux, ont ajouté pour certains modèles un, puis deux, puis trois zéros à l’étiquette de prix. Les fabricants leur ont emboîté le pas et ont changé d’échelle. Ceux qui se partagent le marché ont fait chauffer les machines : à São Paulo le roi de la tong Havaïanas a chaussé huit de ses compatriotes sur dix et a, depuis peu, posé le pied en Europe.
Car la tong est devenue furieusement hype, tout en restant éminemment populaire. On doit d’ailleurs au Chat de Philippe Geluck cette célèbre définition : « La tong, c’est le string du pied ». C’est aussi l’accessoire le plus démocratique de la saison, position un peu trop politiquement correcte, qui ne pouvait donc qu’inspirer les humoristes et les loufoques. Érigée en symbole de la beauferie dans le film Camping, dans lequel un hymne lui est dédié, la tong a également inspiré des étudiants nantais. La deuxième Journée mondiale de la tong, qu’ils ont organisée au mois de juin dernier, a connu un franc succès à travers le monde. Une initiative relayée par un site internet farfelu (teletong.fr).
Que faire d’autre ? Sur les plages et dans les campings, les concours de lancer de tong se multiplient. Mais attention : le but du jeu n’est pas de balancer sa chaussure sur tel ou tel chef d’État. Le lancer de tongs est un sport qui se joue par équipe de deux. Les participants doivent lancer leur sandale (homologuée par le comité organisateur), avec le pied et le plus loin possible ; le coéquipier étant chargé de la rattraper au vol. Malgré les records enregistrés (Hourtin 2010, 34,24 mètres par vent de force 3-4, devant un millier de spectateurs), la discipline n’est pas encore agréée par le comité des Jeux olympiques. Qui s’en souciera certainement, dès qu’il aura deux minutes à perdre.
Au programme de cette année : un nouveau challenge en perspective !
Et oui, cette année, pour la première fois de son histoire, la JMT (qui fut dictatorialement fixée le 27 Juin de chaque année par un pluvieux après-midi de Février 2009) tombe un jour de semaine ! Relèverez-vous le défi ?
Prévenez-vos patrons : la journée du Lundi 27 Juin sera en tongs, tout le monde aura le sourire et le monde sera en paix ! (si quelqu’un trouve un smiley-bisounours pour illustrer cette phrase, n’hésitez pas à nous contacter…ah ! en voilà un…il est pas en tongs, mais on fera avec…)

Bisounours
En ce léger frimas automnal, on est vite tenté de ranger ses tongs bien au chaud, en attendant des températures plus clémentes.
Et pourtant, d’irréductibles artistes, publicitaires et gens ordinaires comme vous et moi continuent de se battre pour promouvoir de par le monde la tong et ses innombrables qualités.
Au Brésil notamment (même si ce n’est sans doute pas là-bas qu’il faut le plus convaincre les gens de mettre des tongs, et qu’en plus c’est l’été pour eux, mais bon, c’est quand même bien). Là-bas, comme tous les centres aérés et autres crèches pour tongs sont pleins, des artistes proposent des idées originales pour occuper ces petits êtres sans défense. Cette fois-ci, il s’agissait de faire faire aux tongs un énorme singe, et force et de constater qu’elles ont géré ça de main de maître !
Regardez comme elles sont heureuses de jouer avec leurs petites camarades ! Regardez ces sourires radieux ! Ça fait chaud au cœur !
Le projet artistique :
Fat Monkey (Macaco Gordo) – Sao Paulo 2010
5 x 4 x 15 meters – Inflatable and flip flops
« The Fat Monkey » est un travail sur site unique qui fut créé en marge du Pixelshow, simplement pour créer une sculpture durant leur conférence de 2010. Réalisée avec l’aide d’étudiants locaux, elle est faite à partir de l’icône brésilienne : la tong, qui fonctionne parfaitement pour représenter un des 10 000 pixels. « The Fat Monkey » est un travail de la série « Obeastitas ».
Un grand merci à la petite Clémentine et au petit Freddy qui nous ont signalé (par mail et page Facebook, respectivement) ce chef d’oeuvre d’art moderne. N’hésitez pas vous aussi à nous faire part de vos trouvailles !
Source : Vie de Merde
Source : Vie de Merde
(Source : C.Tossan, Paris Match)
Commençons tout d’abord avec l’encart uniquement disponible sur la version papier !
Témoignage
Guillaume, créateur de la Journée Mondiale de la tong.
« Oser montrer ses pieds, ce n’est pas rien. »
Tout a commencé à Brest, en octobre 2003. Un groupe d’étudiants en télecoms doit sélectionner un thème pour fonder un club. Les petits rigolos ne choisissent alors ni fanfare ni sport mais créent Télétong, le club de ceux qui ont l’esprit cool. On reconnait les jeunes bizuts « qui ne cherchent pas d’histoire » au fait qu’ils portent leur savate préférée en toute saison. « Les profs ont pris ça bien, c’était bon enfant« , se souvient Guillaume, l’un des fondateurs du Télétong. La blague continue après l’école, et les membres restent en contact grâce à Internet. Un site est créé. On y loue la supériorité de la tong, « juste milieu entre le pied au naturel et le pied chaussé« . « En porter n’est pas donné à tout le monde, oser montrer ses pieds, ce n’est pas rien« , philosophe Guillaume, 27 ans aujourd’hui, et qui a du y renoncer dans son très sérieux bureau d’ingénieur. Facebook rend enfin possible leur plus folle utopie : organiser une Journée mondiale de la tong. Le 27 Juin dernier, la deuxième JMT a rassemblé plus de mille participants. Chacun a envoyé sa plus belle photo autour du monde. Tongs de tout pays unissez-vous !
Place à l’article !
Quel est le point commun entre la gougoune de Québec, la slash de Bruxelles et la chip-chip du Caire ? Deux brides en « Y » plantées dans une simple semelle et un « flip-flap » qui fleure bon les vacances.
De Venise à Rio, de Tokyo à Los Angeles, d’Oulan-Bator à Honolulu, difficile de trouver une zone de Google maps où le caoutchouc de la tong n’a pas laissé son empreinte. Elle serait née, dit-on, dans l’Egypte antique. La première fashion victim identifiée est Toutankhamon, dans la tombe duquel on découvrit en 1922 des dizaines de paires religieusement alignées. Plus tard, la sandale bridée fait souche en Asie. On la retrouve au Japon, sur semelle de bois et sous le nom de zori. En France, on n’entend parler d’elle qu’à partir des années 50, où elle a changé nos vacances à la plage. Avant, il y avait, au choix, la sandalette en cuir qui donnait aux garçons des airs de petits séminaristes ; l’espadrille, confortable, mais qui fait le bronzage vanille-fraise sur le dessus de la patte. La tong, c’est le string du pied. Pas de trace, pas d’attache, pas de stress. Elle est arrivée en France en même temps que les militaires qui revenaient d’Indochine. Les Américains l’avaient surnommée « thong » (lanière). Pour les Français, ce fut tong. La société Plastic Auvergne, qui fabriquait déjà la méduse, fournit des générations d’estivants sous la marque la Sarraizienne. Elle s’achetait au bazar de la plage, en même temps que le seau et l’épuisette dans des vapeurs de Piz Buin. La tong prit ainsi sa place dans le panthéon sentimental de toute une génération d’enfants des années 70. Elle l’érigerait en objet culte trente ans plus tard. En attendant son heure de gloire, elle se banalise gentiment.
1998 : la Coupe du monde sonne l’arrivée de l’été. Et un et deux et trois zéro ! Les Brésiliens ont perdu la finale mais les dieux du foutcheball donnent la fièvre au public français. Samba, Braaasil… les supporters ont emporté dans leurs bagages un autre monument de la culture carioca : la Havaianas – Hawaïenne en portugais –, la tong brésilienne. Pour le Mondial, elle est agrémentée d’un pin’s en forme de drapeau national, vert et jaune. Elle se fait enfin un nom en Europe, alors que le groupe Alpargatas en vend au Brésil des millions depuis les années 60 : sur 1 000 habitants, 850 en possèdent une paire. On dit qu’elle dure quarante-cinq mois si elle est portée tous les jours. Sa bride est incassable et sa semelle inodore… C’est la chaussure populaire à deux sous, celle des favelas comme celle des naïades de Copacabana. Havaianas s’implante en France en 2001 et la tong redevient un objet de mode. L’année 2002 sonne l’apothéose de la tongmania. Pas un créateur qui ne conçoive son modèle, pour homme chez Gucci, précieux chez Louboutin. Strass, paillettes, vrais diamants, broderies, riches tissus, cuirs pleine fleur, la petite chaussure se vautre dans le bling-bling et son prix aligne un, puis deux puis trois zéros.
Du côté des Brésiliens, la concurrence tente une percée. Ipanema, du nom de la célèbre plage de Rio, se lance en 2001. Le dossier est sérieux : son propriétaire, Grendene, est le numéro un de la chaussure locale. Le discours est écologique : les tongs sont fabriquées en PVC recyclé. Et la marque dispose d’une bombe atomique : la top model Gisele Bündchen. Même si Havaianas reste le leader mondial, une bataille de titans s’engage. Quand sonne la crise, le bling-bling s’effondre comme un cours de Bourse. Bien plus politiquement corrects, les exemplaires tout plastoc – pardon, PVC recyclé chez Ipanema ou caoutchouc naturel chez Havaianas –, sympas et pas chers, raflent la mise. Deux cent cinquante couleurs au choix chez Havaianas, qui permet aussi de customiser sa claquette. Chez Ipanema, on joue la semelle anatomique ultra-confort et les motifs balnéaires, étoiles de mer et coquillages, pour la sauvegarde de la planète.
A Saint-Tropez, la tong sobre et chic existe depuis toujours chez K. Jacques ou Rondini. Elle est en cuir naturel, comme celle que portait Toutankhamon de son vivant. Ce qui fait encore un point commun entre le plus célèbre petit port, les vacances, la tong et les pharaons : ils ne meurent jamais.
Derrière cette statistique se cache une réalité monstrueuse : celle des tongs qui seront abandonnés par dizaines de milliers sur la route des vacances. La mort, pour la plupart d’entre elles…
200 000 tongs abandonnés chaque année, dont 120 000 durant l’été, des chiffres effarants qui font de la France la championne d’Europe des abandons. Après trois décennies de lentes améliorations, arrachées par les associations qui, comme la Fondation Teletong, luttent au quotidien, les deux années passées ont vu à nouveau exploser les abandons. Pour les refuges, surchargés, la situation n’est plus tenable.
Trop peu de nos concitoyens savent ce que représente un abandon pour un tong. La mort, tout simplement, et bien souvent dans des conditions monstrueuses : de faim et de froid pour les malheureuses attachées à un arbre, euthanasiées pour celles que personne n’ira sortir de la fourrière, torturées dans les laboratoires, écrasées ou gravement blessées dans une collision avec une voiture, ou encore noyées et emportées par les vagues (voir 2e point sérieux ci-dessous)
Pour celles qui échappent à cet enfer, la vie n’est pas rose pour autant. Combien d’années devront-elles attendre avant de retrouver une tong identique pour l’autre pied et être ainsi adoptée ? Vieilles ou malades, qui finira par s’intéresser à elles ?
La crise et la précarité ne sont pas seules en cause. Profits, irresponsabilité et ignorance contribuent largement au drame. Les profits, ce sont ceux des magasines qui changent « la mode » toutes les semaines, ceux des grands distributeurs qui ouvrent des rayons espadrille et crocs, ceux de particuliers qui « rentabilisent » leurs tongs à grands renforts de portées…Face à ces pratiques sordides, tout est fait pour maintenir le client dans le flou et l’attendrir en évitant soigneusement de lui rappeler que l’achat l’engage pour de longues années et que cet engagement à un coût financier : on estime qu’une tong coûte à ses propriétaires entre 0,003 € et 0,97 € par an…
Et le manque d’engagement des pouvoirs publics est également flagrant : aucune obligation d’information envers les « clients » des chaussureries, refus de créer un « état civil » obligatoire pour nos paires de tongs…
Note : vous l’aurez compris, cet article est un détournement d’un article de sensibilisation à l’abandon des animaux.
Lire article original
« 100 000 chiens et chats abandonnés chaque année, dont 60 000 durant l’été, des chiffres effarants qui font de la France la championne d’Europe des abandons. »
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